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Catherine Trautmann, ou la soif d'en découdre encore
information fournie par AFP 16/03/2026 à 00:16

La candidate socialiste à Strasbourg Catherine Trautmann, le 11 mars 2026 dans le studio de la radio 'ICI Alsace' ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

La candidate socialiste à Strasbourg Catherine Trautmann, le 11 mars 2026 dans le studio de la radio 'ICI Alsace' ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Figure du paysage politique français depuis plus de trois décennies, la socialiste Catherine Trautmann, arrivée dimanche en tête du premier tour des municipales à Strasbourg, a écrit une page d'histoire de sa ville et a bien l'intention d'en façonner encore l'avenir.

Avec près de 26% des voix selon les résultats définitifs, cette ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin va devoir batailler, face au LR Jean-Philippe Vetter et à la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian, pour reconquérir la mairie de la capitale alsacienne pour un nouveau mandat de six ans, un quart de siècle après avoir quitté la fonction.

A 75 ans, si elle n'a pas été épargnée par les critiques sur son âge, elle dit être apte à la fonction.

"Je n'ai jamais cessé de travailler beaucoup, ce qui constitue un entraînement qui me permet de savoir aussi quelle est ma capacité de travail", a-t-elle récemment confié à l'AFP.

Au dessus des partis - y compris du sien - cette femme déterminée a fait campagne avant tout sur son nom et son expérience, se déclarant candidate en décembre avant même d'être investie par les instances du PS.

"Moi, je fais une alliance avec les Strasbourgeois d'abord", a-t-elle martelé, assurant être guidée par le seul intérêt de sa ville qu'elle juge "abîmée" par la majorité écologiste sortante.

- "Reine Catherine"

Née le 15 janvier 1951 de parents protestants, Catherine Trautmann est diplômée de théologie, spécialisée dans le copte ancien, la langue des chrétiens d'Egypte.

Sa carrière politique débute en 1983, quand elle entre au conseil municipal. Elle sera par la suite députée du Bas-Rhin et brièvement secrétaire d'Etat dans le gouvernement de Michel Rocard en 1988.

Un an plus tard, cette mère de deux filles fait sensation en remportant une mairie de Strasbourg traditionnellement aux mains de la droite.

A 38 ans, elle devient la première femme à diriger une capitale régionale.

Son premier mandat est marqué par la réintroduction du tramway, qui a profondément modifié l'urbanisme local. Très populaire, elle est réélue dès le premier tour en 1995.

Elle marque aussi les esprits en organisant peu après sa réélection une grande contre-manifestation à la tenue d'un rassemblement du Front national qu'elle est contrainte d'accepter dans sa ville.

Elle devient dans la foulée une bête noire de Jean-Marie Le Pen et l'une des personnalités les plus en vue du PS.

Pendant cette décennie faste, où elle hérite du surnom de "reine Catherine", elle est de nouveau appelée à Paris où elle devient porte-parole et ministre de la Culture du gouvernement Jospin de 1997 à 2000.

Mais suite à des dissensions internes survenus après son intermède parisien, le PS perd la mairie en 2001, au profit de la droite.

Tenue à l'écart, alors que son ancien adjoint Roland Ries reprend les rênes de la ville à l'élection suivante, elle sera députée européenne, notamment entre 2004 et 2014.

- "La Trautmann du futur" -

Elle attendra 2020 pour conduire de nouveau la liste socialiste aux municipales à Strasbourg, après un désistement du candidat initialement pressenti, et arrivera en troisième position.

Mais le courant ne passe pas avec la nouvelle maire, de près de 30 ans sa cadette, et la socialiste devient, selon les termes de Jeanne Barseghian, son "opposante la plus virulente, voire la plus agressive".

L'écologiste lui reproche de s'être opposée à son projet de tramway vers le nord de l'agglomération, disant y voir une contradiction avec la "Catherine Trautmann du passé", tandis que l'intéressée se plaint d'avoir été exclue des délibérations.

"Je pense en fait que la Trautmann du futur serait pas mal pour continuer à construire des trams", a lancé, sourire aux lèvres, la candidate socialiste mardi lors d'un meeting.

Dès avant le premier tour, elle a exclu toute alliance, avec les Verts comme avec la France Insoumise, et fait des gestes d'ouverture à l'égard du centre-droit et de la droite.

La "reine Catherine" a mené une campagne à rebours des écologistes, dénonçant un doublement de la dette, une gestion selon elle erratique, promettant davantage de places de stationnement aux abords du centre-ville et d'en baisser le coût.

1 commentaire

  • 01:29

    On ressort une momie Egyptienne qui parle le Copte....y'a vraiment plus personne pour sauver la politique Française...


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